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La vie familiale

   Posted by: lfpncornelius   in

La vie familiale romaine est dominée par la figure du patermilias. Toute la vie la vie d’un romain s’organise autour du concept du vir, de l’Homme libre.

I. La jeunesse d’un Romain

De sa naissance jusqu’à son mariage, la vie d’un jeune romain est codifiée. Il est préparé très tôt à se dévouer à l’Etat.

            Le Dies lustricus

Quelques jours après sa naissance, l’enfant doit être légitimé par son père au cours d’une cérémonie domestique. Pour les filles, le dies lustricus a lieu le huitième jour et le neuvième pour les garçons. Le paterfamilias (où un membre de sa famille qu’il aura désigné en son absence) soulève l’enfant de terre pour le reconnaître officiellement. Puis il le prend dans ses bras et pratique un rite de purification (lustratus) avec de l’eau. On lui met ensuite autour du cou un pendentif appelé bulla (médaillons remplis d’amulettes pour protéger l’enfant des mauvais sorts). Dans les familles patriciennes, la bulla est en or.

La lustration

            Le praenomen

L’enfant reçoit son praenomen le jour du Dies lustricus. Dans les familles patriciennes, le prénom des garçons est celui de ses ancêtres. Le fils aîné portera le prénom de son père ou de son grand-père. Pour les filles, celles-ci porte le nomen du père (par exemple: Cornelia).

La liste des praenomen romains:

Aulus, Appius, Gaius, Gnaeus, Decimus, Kaeso, Lucius, Marcus, Manius, Mamercus, Numerius, Publius, Quintus, Servius, Sextus, Spurius, Titus et Tiberius.

              La puissance du paterfamilias

Selon la Loi des XII Tables, un père peu mettre à mort ou vendre son fils, même si celui-ci est majeur. De manière générale, le paterfamilias a toujours droit de vie et de mort sur ses enfants. Et ceux-ci lui doivent obéissance. Si l’enfant qui est né est difforme, le père doit le tuer ou l’abandonner dans des dépotoirs spéciaux réservés à cet usage. De la même manière, peu de familles patriciennes conservent plus d’une fille pour l’élever.

Le paterfamilias

             Infans

Jusqu’à ses 7 ans, l’enfant est confié à sa mère et à sa ou ses nourrices. Il est considéré comme un nourrisson jusqu’à ses trois ans. Dans les familles patriciennes, à partir de la fin du IIIème siècle av jc, les nourrices sont pour la plupart grecques. Le futur sénateur romain est en effet bilingue en latin et en grec dès ses premières années.

            Puer

A partir de ses 7 ans, l’éducation du garçon est confiée à son père. Au début de la République, celui-ci s’occupe de la formation morale. Il lui apprend toutes les valeurs romaines, le mos maiorum, l’emmène sur le Forum, lui apprend la religion, à lire, à écrire, à combattre, à bien parler et à avoir l’esprit patriote. Cependant, dès la fin du IIIème siècle, les Romains riches confient de plus en plus l’éducation de leurs enfants à des esclaves pédagogues.

Vers 220, des écoles pour les citoyens plus pauvres commencent à s’ouvrir dans les rues de Rome. Ces « écoles primaires » accueillent les filles jusqu’à 13 ans et les garçons jusqu’à 15 ans. L’éducation est sévère et les élèves sont battus s’ils ne savent pas leurs leçons.

L’éducation

A partir du IIème siècle, l’éducation des patriciens romains se basent sur le modèle grec. De 12 à 16 ans, l’élève suit les cours d’un grammaticus qui lui apprend à commenter les auteurs grecs (Homère, Platon…). De 16 à 18 ans, le rhetor enseigne l’éloquence pour préparer l’élève à sa future vie de sénateur. Tous les cours dont dispensés en langue grecque.

Mais les jeunes romains suivent aussi des cours de chants, de danse et de musique, tous prodigués par des pédagogues grecs. Les enfants sont aussi envoyés à la campagne, afin de fortifier leur organisme et leur apprendre la valeur de la terre, afin de pouvoir la défendre sur les champs de bataille. L’éducation d’un jeune patricien est donc très complète et très dure.

            Adulescens

Chez les filles, l’éducation reste primaire, même dans les familles patriciennes. La future matrona doit savoir tenir son foyer, enfanter et filer la laine. L’éducation est donc avant tout ménagère. En outre, la loi romaine autorise le mariage des filles à partir de 12 ans. Celles-ci sont donc mariées très tôt. Elles déposent leur bulla le jour de leur mariage.

Chez les garçons, la pueritia se termine à 17 ans. Il entre alors dans l’adolescence (jusqu’à 30 ans). Le puer dépose sa bulla et endosse la toga virilis au cours d’une cérémonie familiale. Cependant, la prise de la toge virile s’effectue généralement en mars, lors des fêtes de Bacchus (Liberalia).

L’adolescent commence alors son service militaire. Certains préfèrent continuer à étudier et vont en Grèce parfaire leur apprentissage auprès des philosophes.

II. Le mariage

L’âge légal du mariage pour un romain est fixé à 14 ans. Mais dans les familles patriciennes, les hommes se marient tard. A Rome, le mariage est considéré comme un devoir civique. Il faut avoir des enfants pour perpétuer les rites familiaux, mais aussi pour servir dans les armées. On observe deux formes de mariage:

– Le mariage par confarreatio, réservé aux patriciens. Lors de la cérémonie, les époux se partagent un gâteau d’épeautre (panis farreus) en présence du flamen dialis et du Pontifex maximus qui prononcent des paroles en latin archaïque. Ce mariage est célébré pour la vie. On ne peut divorcer, sauf faute grave de l’épouse (à Rome, la stérilité de l’épouse est la première raison pour réaliser un divorce).

Coemptio: les époux réalisent un contrat de mariage au préalable.

Un mariage patricien

La fille dispose généralement d’une dot. Mais elle ne devient jamais mineure. Son mari remplace l’autorité du père. Cependant, l’influence du paterfamilias prime toujours sur l’influence du mari. Un père peut donc faire divorcer sa fille s’il trouve une meilleure alliance à conclure. En cas de veuvage, la femme peut cependant choisir plus facilement son second mari et certaines se marient juste quelques jours après le décès de leur premier époux. Cependant, la matrona conserve une grande influence au sein du foyer et de la famille. Ainsi, Cornelia Scipionis élèvera elle-même ses enfants après le décès de son mari et refusera de se remarier. Pour une matrone romaine, il n’y a rien de plus digne que de rester fidèle à la mémoire de son époux. De même, il est mal vu pour une matrone de se remarier si elle a un fils âgé de plus d’une douzaine d’années.

III. Le respect dû aux ancêtres

La société romaine est une société patriarcale. L’homme (vir) âgé, l’aîné dispose de toute l’autorité paternelle. A Rome on doit ainsi le respect aux personnes âgées, aux ancêtres. En outre, l’espérance de vie se situe aux alentours de 33 ans. Toute personne âgée de plus de 30 ans est donc déjà considérée comme « ancienne », sinon « vieille ». Le Sénat, où sont admis les magistrats de plus de 30 ans, composaient ainsi à l’origine le « conseil des anciens ».

L’autorité du paterfamilias, en cas d’une vie longue, ce qui est plus souvent le cas chez les hommes, peut donc échouer sur l’arrière-grand-père et plusieurs générations, frères et sœurs, même mariés, vivre sous un même toit. Aucune décision familiale ne se prend sans en avoir référer à « l’ancêtre ».

Pour les femmes, la durée de vie est généralement plus courte, car nombre d’entres elles décèdent en couche. Les femmes mariées n’ont pas le droit du boire du vin, car cela est considéré comme l’apanage des viri, des hommes de la maisonnée.

Lorsqu’un membre de la maisonnée décède, si c’est un patricien qui a fait la fierté de sa famille et de sa patrie, ses funérailles suivent un rituel précis. Le plus proche parent recueille son dernier soupir par un baiser, c’est-à-dire qu’il recueille son âme expirante. Le défunt est ensuite appelé à plusieurs reprises par tous les présents (conclamatio). Le décès est déclaré au temple de Vénus Libitina. Son testament a été déposé aux préalables aux Archives tenues parles vestales et le Pontifex Maximus. Après la toilette funéraire, le mort est exposé de 3 à 7 jours dans l’atrium. L’enterrement a ensuite lieu de nuit, à la lueur des torches. Le cortège des proches suit le cercueil, porté par les familiers. Les femmes ont les cheveux détachées, gémissent et pleurs, les fils ont la tête voilée. Le plus proche parent, généralement le fils, fait l’éloge (laudatio) du défunt. Le corps est soit brûlé, soit enterré.

Des funérailles

A la fin de la République, les enterrements peuvent désormais se dérouler en plein jour. Des entrepreneurs se spécialisent dans les pompes funèbres. Plus le mort est un personnage connu et plus son enterrement doit être spectaculaire: mimes, musiciens, pleureuses professionnelles, chanteurs, tableaux reproduisant les plus grands faits du défunt, exposition des masques des ancêtres (imagines), un archimimus porte le masque de cire du défunt et reproduit toute sa gestuelle, dans un ultime hommage.

La loi des XII Tables a interdit les enterrements dans l’enceinte sacrée de Rome. Le défunt est donc inhumé en dehors de la ville, et ses restes sont entreposés dans des nécropoles disséminées autour de l’Urbs. Les familles les plus riches se font construire un tombeau, où même leurs affranchis sont inhumés.