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Le théâtre

   Posted by: lfpncornelius   in

A l’origine, le théâtre est lié à la célébration des fêtes religieuses en l’honneur de Dionysos/ Liber Pater car celui-ci est aussi le dieu de l’inspiration artistique.

            Des théâtres provisoires

A Rome, les théâtres ne sont pas permanents. Ils sont construits en bois et sont démontés dès les fêtes terminées. Cependant, chaque édile dépense des sommes colossales pour la réussite de ces spectacles, et les décors des théâtres sont de plus en plus fastueux à la fin de la République.

En 99, l’édile curule Gaius Claudius Pulcher fit réaliser des décors si réalistes que même les oiseaux s’y laissaient prendre!

En 58, l’édile curule Marcus Aemilius Scaurus fit construire le théâtre antique provisoire le plus extravagant: un mur de scène de trois étages décoré de 360 colonnes et de 3000 statues, le tout en marbre et en dorure! Son théâtre pouvait accueillir 80 000 spectateurs.

En 52, Pompée offrit aux Romains un théâtre en pierre d’une capacité de 20 000 places. Il contourna la loi en faisant installer en haut des gradins un temple dédié à Vénus Victrix.

            Les débuts du théâtre

C’est au IIIème siècle, avec la prise de Tarente en 272, que les Romains entrent en contact avec le théâtre, jusqu’alors apanage de la culture grecque.

Un spectacle théâtral

Livius Andronicus, installé à Tarente, et parlant couramment le grec et le latin, traduit l’Odyssée en latin vers 250. Dix ans plus tard, il commence à faire jouer des pièces de théâtre grecques. Cependant, le public latin se détourna rapidement des tragédies grecques pour préférer les spectacles de mimes et les pièces comiques.

            Les principaux auteurs

Les Romains se contentent tout d’abord de faire jouer les pièces des auteurs grecs classiques, tels les tragiques Eschyle, Euripide et Sophocle, et les comiques Aristophane et Ménandre.

A la fin du IIIème siècle, Naevius sera l’un des premiers à écrire deux tragédies latines, Romulus et Clastidium (racontant la victoire de Claudius Marcellus sur les Gaulois en 222).

A la même époque, Titus Maccius Plautus, attiré par le théâtre, exerce ses talents comme acteur avant d’écrire ses propres comédies latines inspirées du théâtre grec. Les personnages de Plaute sont caricaturaux (esclave sautillant, jeune maître amoureux, riche vieillard, maquerelle ivrogne, fille innocente, etc.). Ses pièces, il en aurait écrites 135, plaisent à la plèbe romaine, friande de rires et de farces populaires grossières. Citation célèbre: « L’homme est un loup pour l’homme » (Asinaria).

Publius Terentius Afer, est un esclave carthaginois. Son maître, le sénateur Terentius Lucanus l’affranchit rapidement et Térence, qui a des dons d’écrivain, entre dans le cercle de Scipion Emilien et écrit six comédies (L’Andrienne, l’Eunuque, l’Ecyre, l’Héautontimorouménos, le Phormion et les Adelphes). Cependant, ses comédies, calquées sur le modèle grec, s’adressent à un public érudit, si bien que certains estiment que ce serait Scipion Emilien lui-même qui a écrit ces pièces. Citation: « Autant d’hommes, autant d’avis » (Le Phormion).

Le poète Ennius, un autre protégé de la famille des Scipions, écrit, lui, 24 pièces dramatiques, dont Les Sabines et L’Ambracie (qui raconte la victoire de Fulvius Nobilius en 189). Citation: « C’est au courage que va la Fortune« .

Pacuvius, le neveu d’Ennius, poursuit son œuvre en écrivant 12 tragédies, dont Paullus, racontant la victoire de Paul Emile à Pydna. Citation: « Où l’on est bien, là est la patrie« .

A la fin du IIème siècle – début Ier siècle, Lucius Accius écrit 40 pièces. C’est le plus grand poète tragique de Rome. L’une de ses répliques, tirée d’Atrée, est restée très célèbre: « Qu’ils me haïssent pourvu qu’ils me craignent! »

            Les différents genres 

Aux tragédies (fabulae praetextae car les acteurs portent la toge prétexte) et comédies (fabulae togatae où les acteurs portent une toge) romaines et imitations grecques (fabulae paliatae, car les comédiens portent le pallium, le manteau grec) apparaît au début du Ier siècle, un genre nouveau de pièce de théâtre, la farce, originaire de la cité campanienne Atella.

Des acteurs d’Atellane

L’Atellane (fabulae atellanae) propose des petites comédies, souvent improvisées et grossières, faisant intervenir des bouffons et des personnages pittoresques: Maccus (le maigre), Bucco (le gros), Pappus (le vieil avare…) L’Atellane romaine compte deux auteurs principaux Novius et Lucius Pomponius. C’est un spectacle populaire où l’on rit beaucoup. Le dictateur Sylla aurait aussi écrit des comédies satyriques.

Le Mime connaît un grand succès auprès du peuple. Il s’agit de parodier sans parole des légendes mythologiques. Le style simple et suggestif remporte l’adhésion du public.

La Pantomime est un spectacle de danse et de gestuelles sans parole.

            Les acteurs

Ce sont des esclaves et des affranchis. En effet, se produire sur scène est considéré comme infamant par la société romaine car l’on exhibe son corps en public. Sauf pour les mimes, le théâtre romain ne compte pas d’actrice et les rôles féminins sont tenus par des hommes. L’un des acteurs les plus célèbres à la fin de la République est Quintus Roscius Gallus. Il était reconnu pour sa beauté et sa grâce. On distingue les acteurs tragiques (actores), les acteurs comiques (histriones) et les danseurs (saltatores). Des musiciens accompagnent aussi les mises en scène, généralement un joueur de flute. Le théâtre romain se joue avec un masque. Les spectateurs doivent pouvoir reconnaître les principaux personnages du premier coup d’œil.