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III. Vae Victis!

   Posted by: lfpncornelius   in

A Rome, les conflits incessants finissent par provoquer une crise économique. La cité doit alors conquérir de nouveaux territoires pour rétablir ses finances. En 405, les Romains décident d’attaquer Véiès, la puissance cité étrusque rivale. Après un long siège, les habitants de Véiès, affaiblis, finissent par se rendre en 395. Rome agrandit alors son territoire de près de 70%. Marcus Furius Camillus, le général qui a fait tomber la cité étrusque, est cependant traduit en justice en 391 par le tribun de la plèbe Lucius Apuleius, qui lui reproche d’avoir distribué tout le butin de Véies à ses soldats, en oubliant le peuple. Camille doit partir en exil.

La prise de Véies

De leur côté, les Etrusques préparent leur revanche et font appel à des mercenaires gaulois. Ceux-ci ont en effet envahi le nord de l’Italie et se sont installés dans la plaine du Pô. En 390, une armée conduite par Brennos (« chef de guerre » en langue celte) fond sur Rome. Les Romains tentent de freiner leur avancée à la Bataille de l’Alia le 18 juillet 390. C’est un jour noir (Dies Ater). Face à la puissante armée gauloise, les Romains sont contraints de s’enfuir, ou plutôt d’opérer un repli stratégique à la citadelle du Capitole. Sous leurs yeux impuissants, les Gaulois mettent le feu à la cité. Brennos veut aussi faire tomber la citadelle, qu’il assiège avec ses troupes. Une nuit, il lance par surprise un assaut contre la forteresse. Cependant, les oies du temple de Junon, entendant du bruit, donnent l’alerte à temps. Brennos est repoussé. Depuis, chaque 2 août, les Romains commémorent cet événement. Mais le siège se poursuit et le Sénat est contraint de se rendre. Les Romains doivent alors verser mille livres d’or (environ 300 kg) aux Gaulois comme tribut de guerre. Brennos assiste en personne à la pesée de l’or. Comme les sénateurs protestent de sa façon partiale de compter, Brennos ajoute alors son épée sur la balance en s’exclamant Vae Victis! « Malheur aux vaincus! » Une leçon que Rome n’allait jamais oublier…

Brennos déclarant « Vae Victis! »

Depuis la forteresse du Capitole, le Sénat décide de nommer Marcus Furius dictateur. Camille refuse de reconnaitre l’accord passé entre Brennos et le Sénat. Il se lance à l’attaque et fond  sur l’armée gauloise et la chasse hors des terres romaines. Brennos, blessé, décèdera peu après. Après le passage des Gaulois, les Romains, désemparés de voir leurs maisons réduites en cendres, souhaitent quitter la ville et s’installer à Véiès. Camille dissuade ses concitoyens, les exhortant à ne pas quitter la patrie fondée par leurs pères et surtout, à ne pas abandonner le sol sacré où se trouvent leurs dieux et leurs temples. Peu à peu, Rome se reconstruit anarchiquement sur ses ruines et une imposante muraille est édifiée. Marcus Furius Camillus sera alors appelé le Second fondateur de Rome après Romulus.

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