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La citoyenneté

   Posted by: lfpncornelius   in

La société romaine est composée d’une minorité de citoyens et d’une large majorité de non-citoyens. A Rome, le droit de cité demeure un privilège.

            Les non-citoyens

Ce sont les esclaves et les affranchis.

A Rome, l’esclave (servus) est une chose (res). On distingue trois catégories d’esclaves, ceux qui le sont depuis la naissance et que l’on appelle verna; les prisonniers de guerres et les citoyens déchus.

Les esclaves sont traités de façon très différente selon leurs maîtres. Certains travaillent dans les champs, d’autres dans des mines, d’autres enfin accompagnent leur maître dans sa vie quotidienne. Bien souvent, l’esclave à la permission de mettre un peu d’argent de côté (peculium) qui lui servira à racheter sa liberté. Certains esclaves sont affranchis au bout de quelques années seulement s’ils servent bien leur maître, tandis que d’autres attendent parfois toute une vie. L’affranchissement (manumissio) survient le plus fréquemment par testament. Un maître affranchit son ou ses esclaves à sa mort. L’affranchi (libertus) reçoit un bonnet de feutre (le pileus) qu’il devra porter comme symbole de sa liberté acquise ou retrouvée. L’affranchi, en plus de son nom d’esclave, prend alors le praenomen et le nomen de son ancien maître.  Celui-ci reste le patron de son affranchi. S’il décède sans avoir de descendance, son testament se fait en faveur de son patron. S’il a une descendance, son fils sera reconnu comme un citoyen romain et un homme vraiment libre.

            Les citoyens

Le citoyen a le droit de cité (ius civitatis). Il a des droits politiques (iura publica) et des droits civils (iura privata):

– Le droit de vote (ius suffragii)

– Le droit d’être élu (ius honorum)

– Le droit de participer aux sacerdoces (ius sacrorum)

– Le droit d’appel au peuple dans les procès criminel (ius provocationis)

– Le droit de propriété (ius commercii)

– Le droit de mariage (ius conubii)

– Le droit d’intenter une action judiciaire (ius legis actionis)

Mais le citoyen a aussi des devoirs:

– Obligation de se présenter au recensement (census)

– Obligation de servir aux armées (militia)

– Obligation (jusqu’en 167 av JC) de payer le tribut (tributum)

Différents types de citoyens

            La tribu

A partir du roi Servius Tullius, le populus (plébéiens et patriciens) est divisé en tribus selon le lieu de résidence. On compte ainsi:

– 4 tribus urbaines, correspondant aux quatre grands premiers quartiers de Rome: Palatina, Collina, Suburana et Esquilina.

– 31 tribus rurales

            Hiérarchie des citoyens

Le roi Servius Tullius a divisé les citoyens en 5 classes selon leurs revenus, dit cens. Ce cens comprenait les revenus des terres et des domaines agricoles pour les plus riches, les biens possédés pour les autres (maison, troupeaux, revenus des commerces):

La première classe de citoyens possède une fortune de 100 000 as (1 000 000 à partir de 220 av JC)

La seconde classe: 75 000, puis 300 000 as

La troisième classe: 50 000 puis 100 000 as

La quatrième classe: 25 000 puis 50 000 as

La cinquième classe, celle des proletarii: 10 000 puis 4000 as

Les non possédants , dit capite censi, sont hors-classe.

Cette division des citoyens en classe sert essentiellement de base au recrutement de l’armée.

            Les citoyens les plus riches

Les riches citoyens de Rome formaient la première classe, qui est elle-même divisée en 18 centuries. Ceux-ci font leur service militaire à cheval, et celui-ci est fourni par l’Etat (equites equo publico). Après leur service, ils forment pour une partie la riche bourgeoisie d’affaires, pour l’autre le Sénat. En effet, pour un sénateur, possédé un négoce est prohibé. Ces riches citoyens forment ainsi deux ordres: les sénateurs (senatores) et les chevaliers (equites).

L’ordo equester, l’ordre équestre est officiellement créé en 123 av jc par Gaius Gracchus. Il s’occupe de la collection des impôts, des banques et du grand commerce. Certains se lancent parfois en politique. On les appelle alors homo novus, ce qui signifie « celui qui n’a pas d’ancêtres ».

L’ordo senatorius est composé de tous les sénateurs et de leurs descendants. Il compose la nobilitas. La noblesse romaine est composée des citoyens dont au moins un ancêtre a siégé au Sénat. Les nobles possèdent la plupart des grands domaines agricoles, les latifundia. Un noble qui compte plus de trois générations d’ancêtres au Sénat est appelé un patricien. Cette très faible minorité de citoyens (le patriciat) détient pratiquement tout le pouvoir politique.

Des patriciens

            Les patriciens

Les patriciens sont des descendants des 100 sénateurs qui ont composé le Premier conseil des sages à partir de Romulus. Ces sénateurs étaient à l’origine les chefs de familles, les pères (patres). Un patricien entretien le culte de son ancêtre (pater). Toutes les familles vénèrent un ancêtre qui est généralement un troyen qui a accompagné Enée, soit un ancien roi ou encore un premier sénateur dont la mémoire familial a conservé le souvenir.

Ceux qui se reconnaissent le même pater appartiennent à la même gens. Ces patriciens portent le même nomen gentilicium. Parmi les gens les plus connues: Cornelius, Iulius, Servilius, Aemilius et Fabius.

La gens se divise en plusieurs branches (familiae). Chaque familia est sous l’autorité d’un paterfamilias. Le paterfamilias de la familia la plus ancienne est le chef de la gens.

            Les plébéiens

Tous les Romains qui n’ont pas eu d’ancêtres siégeant au Sénat, soit près de 98% des citoyens.

             La clientèle

Les riches citoyens, lorsqu’ils déambulent sur le Forum, sont toujours accompagnés par une foule d’autres citoyens qui compose sa clientèle. Cette clientèle est souvent composée de citoyens pauvres, ruinés par les différentes guerres, et qui cherchent un patron qui leur offre la sportula (un panier de vivres) ou de l’argent en échange de quelques services, comme par exemple: suivre son patron dans tous ses déplacements publics, voter pour lui ou pour son candidat aux prochaines élections, et aussi lui servir d’homme de main. Les clients sont de plus en plus nombreux à la fin de la République