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VIII. Gaius Marius

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Gaius Marius est né dans un village près d’Arpinum, un bourg dans les montagnes situé à une centaine de kilomètres au sud de Rome. Ses parents sont des paysans pauvres et Marius gagne ses premiers sesterces dans les champs en tirant la charrue pour les autres. Dès son adolescence, il court s’engager dans l’armée. Simple légionnaire, il fait ses premières armes à Numance. Son général Scipion Emilien lui enseigne la discipline et le distingue de plusieurs décorations. Marius entretient aussi très bien son cheval et sa mule, qui transporte ses bagages, si bien que Scipion Emilien citera souvent en exemple le « mulet de Marius ». L’expression est restée pour désigner un légionnaire chargé de bagages. Rentré à Rome après un service de 16 ans au sein de l’armée, Marius se lance dans la politique. Il se fait élire questeur, puis tribun de la plèbe. Issu du peuple et proche des idées des Gracques, Marius  réclame plus de démocratie dans la République. Il fait passer une loi pour empêcher la corruption au moment des élections, mais refuse d’accorder un panier de vivres, la sportula, à bas prix pour les citoyens les plus pauvres. Il perd ainsi sa base électorale et doit frauder sa propre loi (!) pour se faire élire préteur. Revenu riche de la province d’Ibérie Citérieure qu’il est allé gouverner, il divorce pour épouser Julia, la fille de Gaius Julius César. Par ce mariage, Marius, le pauvre paysan d’Arpinum, entre ainsi dans le cercle très fermé de l’aristocratie romaine.

           La guerre de Jugurtha

A côté de la province romaine d’Afrique se trouve le royaume de Numidie. En 118, le roi Micipsa meurt et partage ses terres entre ses trois fils, Hiempsal, Aderbhal et Jugurtha. En 116 et 113, Jugurtha fait assassiner ses deux frères afin de devenir le seul roi de Numidie. Le Sénat lui demande de venir à Rome pour rendre compte de sa conduite. Jugurtha profite de son séjour pour assassiner son cousin, et dire à propos de Rome: « Ville à vendre! Tu périrais si tu trouvais un acheteur! » La guerre est déclarée. Le légat Aulus Postumius Albinus est battu, et Jugurtha va même jusqu’à corrompre le prince du Sénat en personne, Marcus Aemilius Scaurus. Le commandement de la guerre est alors confié au consul Quintus Caecilius Metellus, un homme intègre. Les combats sont difficiles mais les Romains parviennent à gagner la Bataille de Muthul. Rentré à Rome à la fin de l’année 108, Gaius Marius en profite pour se faire élire consul, en disant que si on lui confiait le commandement, il capturerait vite Jugurtha. Après son élection, le tribun de la plèbe Manlius Mancinus fit transfèrer à Marius le commandement de la guerre contre Jugurtha et l’enlève à Metellus, furieux. Marius a en effet plusieurs défauts: il déteste cordialement la noblesse et il court sans cesse après les honneurs. En outre, le nouveau consul décide de recruter des soldats dans le petit peuple et parmi les affranchis, ceux-ci étant jusque-là exclus de servir dans l’armée.

Sylla tient Jugurtha prisonnier

Arrivé en Afrique, Marius prend plusieurs places fortes. De son côté, Jugurtha, qui perd peu à peu du terrain sur les Romains, s’allie alors à Bocchus, le roi de Mauritanie. Ils unissent leurs forces pour battre les Romains dans une bataille près de Cirta, mais Marius et son questeur Lucius Cornelius Sulla parviennent à les repousser. Sentant la défaite proche, Bocchus entame alors des pourparlers avec les Romains. Sulla, grâce à ses qualités diplomatiques, réussit à convaincre Bocchus de lui livrer Jugurtha. La guerre est terminée. Jugurtha défile à Rome lors du triomphe de Marius, mais Sulla fait savoir à tous que c’est lui qui a mis fin à la guerre et non son général. Par la suite, les relations entre les deux hommes vont considérablement se détériorer…

             La Guerre des Cimbres et des Teutons

En 116, les peuples des Cimbres et des Teutons quittèrent leur Danemark natal, fuyant une inondation. Ils cherchaient une nouvelle terre fertile pour s’installer et migraient en descendant le Danube. Ils étaient environ un million dont 300.000 guerriers. En 113, ils arrivent en Illyricum (Croatie) et le consul Gnaeus Papirius Carbo parvient à les repousser. Ils rebroussèrent alors chemin vers le nord et suivirent la chaîne des Alpes, avant de s’engouffrer en Gaule. En 105, les Cimbres et les Teutons sont près de franchir le Rhône. Rome ne peut rester sans réagir. Elle envoie donc une nouvelle armée, conduite par le consul Gnaeus Mallius Maximus et son légat Marcus Aurelius Scaurus. Aurelius est capturé au cours d’une bataille. Conduit devant les Teutons, il refuse de négocier avec eux et leur dit: « Un vrai Romain ne doit pas survivre à la perte de son armée« . Il est donc tué. Devant cette nouvelle victoire des Cimbres, Mallius Maximus envoya un message urgent au proconsul Servilius Caepio, stationné plus loin, pour lui demander de réunir leurs armées. Mais Caepio refusa, si bien que le 6 octobre 105, près d’Arausio (Orange) a eu lieu la pire défaite de toute l’histoire de Rome. Les Cimbres et les Teutons ont massacré deux armées et 80000 légionnaires, plus 40 000 non combattants (!!!) A la nouvelle de la terrible défaite d’Arausio, la terreur s’empara de Rome.

Marius triomphe des Teutons

A la fin de l’année 105, Gaius Marius, qui est toujours en Afrique, est élu consul in abstentia (en absence). Le peuple considère que le vainqueur de Jugurtha est le seul capable d’arrêter les hordes germaniques. Après le massacre d’Arausio, les Germains passent en Espagne et dévastent une partie du pays. Pendant ce temps, Gaius Marius installe son camp près de Massilia (Marseille) et réforme l’armée. Chaque légion est désormais composée de 6000 soldats, divisés en dix cohortes. A l’intérieur des cohortes, chaque soldat possède le même équipement. Marius donne aussi l’aigle aux ailes déployées comme symbole des légions romaines. L’armée est donc uniformisée, ce qui lui permet de se déployer plus facilement. Alors que son légat Lucius Sulla s’occupe de capturer Copillus, le chef des Tectosages, Marius, pour occuper son armée, lui fait creuser un canal au bord du Rhône, la Fosse marienne. Ainsi passent les années 104 et 103, tandis que les Germains, chassés d’Espagne, puis de la Gaule Belgique, décident d’envahir l’Italie. Ils se séparent: les Cimbres se dirigent vers les Alpes et les Teutons vers le sud du Rhône.

Les Romains, informés de leur manœuvre grâce à leur espion Quintus Sertorius, un des rares rescapés d’Arausio, décident de les arrêter avec deux armées. Marius reste près du Rhône, tandis que le second consul de 102, Quintus Lutatius Catulus se charge du nord de l’Italie, avec à ses côtés, son légat Lucius Cornelius Sulla. Avant la fin de l’année, Catulus se retrouva débordés par les Cimbres qui passèrent par le Brenner. Les Romains doiventt se replier. Les Cimbres s’installèrent alors dans la plaine du Pô en attendant l’arrivée des Teutons. De son côté, Gaius Marius se retrouva face aux Teutons au bord du Rhône à l’automne. Il décide de les affronter à Aquae Sextiae, avant l’entrée des Alpes. Dans une escarmouche, il défait les Ambrons, puis le lendemain, Marius avec son légat Claudius Marcellus anéantissent tous les Teutons. Plus tard, le peuple des Séquanes arrêta tous les rois Teutons dans leur fuite et les amena tous enchaînés au chef Romain.

Début 101, Marius va rejoindre Catulus. Ils montrèrent à Boirix, le chef des Cimbres, leurs prisonniers Teutons. Boirix demanda alors à Marius de fixer le jour de la bataille. Celle-ci se déroula le 30 juillet 101 à Verceil. Les Cimbres furent anéanti en une journée, Marius combattant sur les ailes et Catulus au centre. 140 000 barbares jonchèrent le champ de bataille. Marius et Catulus triomphèrent ensemble. Cependant, Gaius Marius avait toujours soif d’honneur, il brigua donc un nouveau consulat, et fut encore élu pour l’année 100, en corrompant les électeurs. « Pour être le plus grand, il renonçait à être le meilleur » (Plutarque). Et le peuple lui donna le surnom de « Troisième fondateur de Rome ».

La Bataille contre les Cimbres

En 100, Gaius Marius fait voter une loi agraire en faveur de ses légionnaires démobilisés. Marius ayant obtenu des terres pour ses soldats, il ferma les yeux sur les agissements de son allié, Lucius Appuleius Saturninus. Ce tribun de la plèbe voulait que son ami Servilius Glaucia soit élu consul. Or, Gaius Memmius arrivait en tête des scrutins. Avant la fin des élections, Saturninus fit donc assassiner Memmius! Le Sénat vota immédiatement un senatus consultum ultimum contre Saturninus. Cependant, lorsque Saturninus et Glaucia se rendirent, Marius ne pu réussir à les sauver et ils furent massacrés sur le Forum. Gaius Marius, voyant sa popularité déclinée, ne se présenta ni pour un nouveau mandat de consul, ni pour un mandat de censeur. En 98, il décida de faire un voyage en Asie. Là-bas, il essaya d’entraîner le roi du royaume du Pont Mithridate VI dans une guerre contre Rome. Mais le souverain asiatique refusa de répondre à cette provocation.

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